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mardi 5 octobre 2010

Noir Express : "Un été pourri", par Alain Pecunia, sur Feedbooks

Un été pourri est à présent disponible en téléchargement gratuit sur Feedbooks : http://fr.feedbooks.com/



Gustave Lebreton, flic parisien placardisé en raison de son franc parler et de sa manie de vouloir mener ses enquêtes jusqu’à leur terme, se rend à Bernay pour répondre à la demande d’aide angoissée de son grand amour d’enfance, la ravissante Claire, qui a épousé son rival d’antan, François Ticheux. Lequel aurait mystérieusement disparu.
Impuissant devant cette énigme qui le dépasse rapidement, Gustave Lebreton se retrouvera ballotté entre Claire, ses souvenirs d’enfance et la légendaire « perspicacité » des gendarmes…

mardi 16 septembre 2008

Noir Express : "Sous le signe du rosaire" (C. C. VI) par Alain Pecunia, Chapitre 2

Chapitre 2





Maintenant, ça revient. Je sais à nouveau qui je suis.
Philippe-Henri Dumontar. Agrégé de lettres modernes. Professeur de terminale dans une institution privée prestigieuse à Paris.
J’ai d’abord enseigné dans le public, mais c’était trop laxiste pour moi. Pas de réelle autorité, une hiérarchie à la merci du syndicat, des élèves irrespectueux de la langue de Vaugelas, confondant Molière avec une émission télévisuelle et ignorant les bases élémentaires de l’orthographe – alors celles de la grammaire, passons ! J’y suis quand même resté treize ans. J’avais peur de franchir le pas et il a fallu toute l’insistance de maman, qui ne supportait plus de me voir si malheureux et abattu quand je rentrais à la maison, pour que j’y parvienne.
Comme toujours, j’ai bien fait d’écouter maman.
Dans le privé, je me suis épanoui. Je me suis enfin senti reconnu à ma juste valeur. Aucun élève de cette institution n’aurait jamais osé se moquer de mes nœuds papillons qui me siéent si bien d’après maman.
Ce ne furent que des jours heureux jusqu’à sa mort.
Depuis, en dehors de mes cours, le néant.
Je ne suis même jamais retourné au Louvre, comme nous avions l’habitude, maman et moi, tous les dimanches matin. Ni à La Baule, lors des vacances d’été, dans ce studio de bord de mer qu’elle aimait tant.
Je ne quitte plus notre trois-pièces de la rue Saint-Dominique dont maman avait hérité de mes grands-parents que je n’ai jamais connus.
Sauf certains soirs. Mais je sais que c’est mal, que ça ne plairait pas à maman. Que je ne devrais pas le faire.
Mais, parfois, c’est si fort que je ne peux pas m’en empêcher. Il paraît que ça s’appelle une « pulsion ».
La première fois, un an jour pour jour après la mort de maman, un 15 novembre, j’ai eu très peur. Je n’aurais jamais dû m’attaquer à cette voisine de l’immeuble d’à côté du mien qui sortait toujours son vieux chiwawa à minuit et demi, quel que soit le temps, et en suivant le même trajet.
Elle était un peu plus jeune que maman. Soixante-quinze ans d’après les journaux du lendemain.
Elle ne s’est pas inquiétée quand elle a tourné la tête car elle me connaissait bien. Elle a même souri. Un instant.
Elle n’a pas eu le temps de se rendre compte quand j’ai enserré son cou par-derrière avec le rosaire de maman. Que j’avais renfilé sur un gros fil Nylon de pêche.
Il pleuvait. Il n’y avait personne dans la rue de la Comète.
Le chiwawa, il a même pas réagi ce clébard.
Elle n’avait pas de famille, alors l’enquête ne s’est pas éternisée. Mais j’ai quand même eu peur. C’était trop près de chez moi. Les flics, ils ont interrogé tous les voisins.
Heureusement que j’étais insoupçonnable. Un monsieur si bien et si dévoué à sa pauvre maman de son vivant.
J’ai retenu la leçon.
Pendant trois mois, je ne suis pas ressorti le soir.
Puis ça était de nouveau plus fort que moi.
En général, le dimanche soir. Avec le rosaire de maman dans ma poche de pantalon.
Mais je n’ai pas eu de réelles occasions jusqu’à la fin du mois de juin. Le Champ de Mars. Une touriste au-delà de soixante-dix ans. Assise dans le banc d’une allée à l’écart parmi les massifs côté avenue de Suffren.
Elle ne m’a même pas entendu venir derrière le banc. Elle devait s’être assoupie.
Et hop ! le rosaire de maman !
C’est plus rapide qu’on le croit si on prend appui avec le genou contre le corps de la victime. Là, dans ce cas, contre le dossier du banc.
Et, comme la première fois, cette jouissance merveilleuse.
Cette excitation qui me saisit et le sexe qui grossit d’un coup quand je m’approche de ma victime et cette éjaculation rapide quand je serre de toutes mes forces démultipliées par le plaisir… Inoubliable !
Et cette crainte excitante d’être surpris qui se surajoute…
Je sais que maman n’aimerait pas. Mais je ne peux pas m’en empêcher quand la pulsion devient trop forte au point de ne plus savoir qui je suis et ce que je fais.
Pour la deuxième fois, j’ai promis à maman de ne pas recommencer. Je lui ai demandé pardon de l’avoir contrariée. Mais ça me rappelle tant l’odeur du corps de maman.


© Alain Pecunia, 2008.
Tous droits réservés.

samedi 26 juillet 2008

Noir Express : "National, toujours !" (C. C. II) par Alain Pecunia, Chapitre 6 (suite et fin)

Chapitre 6 (suite et fin)





Totalement abasourdi, il était. Il ne pouvait rien rétorquer à l’Albert. Rien ! C’était imparable. Sans les Polonais pas de guerre, sans guerre pas de défaite, sans défaite pas de Pétain… « Merde alors, c’est si important que ça les Polonais ? se dit-il pour lui-même, ruminant sa rage. Et je n’y avais jamais pensé. Un fait capital dont je m’étais pas rendu compte… »
– Mais alors, dit-il tentant de reprendre son ascendant de chef naturel sur l’Albert, si les Polonais ont été capables de déclencher la guerre avec les Allemands, ils sont peut-être capables de la déclencher avec les Russes maintenant ?
Albert écoutait à nouveau Jean attentivement, tout heureux du bien-fondé de son raisonnement.
– Oui, répondit-il. Bien sûr. Mais…
– Mais quoi ?… fit Jean, impatiemment.
– Mais il faudrait que les Russes veuillent la guerre, eux.
– T’es devenu idiot ou coco, ou quoi ? rétorqua Jean agressif. Tu sais bien que les Russes ont toujours voulu se bouffer l’Europe. Ils attendent seulement l’occasion.
– Vu comme ça…, concéda Albert.
– Alors, reprit Jean poursuivant son idée, imagine qu’on perde encore grâce aux Polonais et que notre chef du Parti patriote français prenne le pouvoir…
Enhardi par sa démonstration précédente, Albert le coupa, une audace dont il ne se saurait jamais cru capable.
– D’abord, dit-il imitant Jean dans ses grands jours, d’abord, c’est pas les Allemands qui gagneront ni les Prussiens, mais les Russes. Vu ! Deuxièmement, notre Chef, malgré le respect qu’on lui doit, il est pas maréchal. Troisièmement, et c’est un fils de Polonais qui te parle, les Polonais, à mon avis, m’étonnerait qu’ils se sacrifient encore pour sauver la France !
Là, vu l’état du Jeannot, Simone leur apporta de son propre chef deux nouveaux pastis.
Elle resta plantée là et, à sa grande surprise, Jean ne pensa même pas à lui tapoter la fesse.
Vexée, elle s’en repartit dodelinant de la tête, se demandant pourquoi le Jeannot se trouvait dans un tel état d’hébétude, lui qui tenait si bien le pastis d’habitude.
Hébété, il l’était. Il croyait avoir discuté avec un Juif, tellement l’Albert avait été vicieux dans son raisonnement. D’ailleurs, il ne discutait jamais avec un Juif car ils avaient toujours le dernier mot ces gens-là.
Il se demanda si les Polonais avaient pas été un peu contaminés par les Juifs, vu que ceux-ci étaient si nombreux là-bas avant, et vu que la démonstration de l’Albert était imparable.
Du coup, Jean en conçut à la fois une certaine admiration pour l’Albert et une réelle inquiétude face à ce rival qu’il se découvrait dans l’art du raisonnement politique. Il décida de n’en rien montrer mais d’éviter à l’avenir avec lui toute discussion quelque peu complexe. Mieux valait en rester aux choses simples avec un tel type qu’il avait cru son ami indéfectible. Peut-être même avait-il eu le tort de se l’adjoindre dans son action régénératrice de la cité du Bonheur.
Tout à coup, Jean Ferniti décida qu’il était temps de lever le camp.
Il se redressa en tanguant et donna une tape sur l’épaule d’Albert qui, en train de prendre appui des deux mains sur la table pour commencer de déplier son long corps maigre, se retrouva du coup assis. Semblant s’interroger sur l’effet de la pesanteur.
– Alors, tu te magnes ! lui dit Jean, mauvais. Bientôt, il n’y aura plus que les macaques dans la rue. Il est plus de vingt et une heures.
– J’arrive, parvint à marmonner Albert la voix pâteuse, j’arrive… Faut que je prenne l’air sinon ma Germaine va encore penser que j’ai bu un coup de trop…
– T’inquiète pas, j’lui dirai que j’étais avec toi, dit Jean pour le rassurer.
– Ça l’a jamais rassuré quand on sort ensemble pour picoler…
– Pas pour picoler, le reprit Jean, pour parler de choses fon-da-men-ta-les !
Il le précéda en chaloupant comme la Simone, mais pas pour les mêmes raisons.
Dehors, la fraîcheur de la nuit tombée les saisit. Ils marchèrent les quelque trois cents mètres qui séparaient la cité du Bonheur de Chez P’tit Louis l’un derrière l’autre. Jean fermait la marche, l’air sombre, tête baissée. Albert se retournait de temps à autre comme voulant reprendre la discussion. Sa bouche restant entrouverte sur les premiers mots devant l’air maussade du Jeannot.
L’aînée des Kamil, qui rentrait du cours de musique municipal les dépassa de son pas vif.
– B’soir, leur lança-t-elle en les dépassant.
– Ouais, b’soir, fit Albert.
Jean resta tête basse, sans rien dire. Seuls ses yeux se hissèrent à hauteur de la silhouette élancée qui les devançait et s’attardèrent aux formes que moulait le jean serré.
– Comment qu’elles peuvent s’enfiler ça ? marmonna-t-il pour lui-même. Et pas facile non plus à retirer. Mais quel beau cul, et ses cuisses fuselées. Doit pas avoir de slip, ma parole !
Albert atteignit le bâtiment C, le sien. Il attendit Jean qui s’était arrêté pour pisser contre un des rares arbres de la cité, à une dizaine de mètres de là.
Il revint en se rebraguettant.
– Tu montes chez moi en boire un dernier ? dit-il à Albert.
– T’es fou ! Germaine m’attend pour dîner depuis une heure. Ça va être la gueulante ! Viens plutôt dîner avec nous.
– Non, pas question, pas ce soir. Le Titi m’attend depuis une plombe lui aussi. Il a faim.
– Ben à demain alors ?
– Oui, à demain, c’est ça.
Puis, regardant Albert et faisant effort pour lui sourire, il lui dit, repensant à leur discussion :
– Tes un drôle de loustic, Bébert Papinski !
– Toi aussi, Jeannot Ferniti ! dit Albert, ragaillardi de voir son ami de meilleure humeur, ne se doutant pas à quel point il était la cause de la contrariété de Jean Ferniti.
– Nous sommes de vrais Français, quoi ! conclut à forte voix ce dernier.
Mais il n’alla pas jusqu’à crier : « Vive le Parti patriote français ! » Il y avait un groupe de jeunes assemblés pas très loin et qui les considéraient rigolards, habitués qu’ils étaient à leurs bitures.



© Alain Pecunia, 2008.
Tous droits réservés.

mardi 3 juillet 2007

mercredi 20 juin 2007

Noir Express : premières pages de "La Fatwa" par Alain Pecunia

Jean-Henri Loubert, dit Jeanri, était satisfait de lui. Comme toujours, eût-il pu remarquer s’il avait été conscient de ce trait de caractère. Mais, là, il était particulièrement satisfait de lui, et non sans raison.
Il ne lui restait plus qu’à attendre. C’était une question de jours. Une quinzaine tout au plus, avait-il estimé.
Il s’étira dans son lit et regarda sa montre.
Il était six heures vingt.
Dans dix minutes exactement, car celui-ci était un maniaque de la ponctualité, Luc Mouginot sortirait de chez lui et se rendrait à pied à son café-restaurant de la Dune, qu’il ouvrirait à sept heures pétantes.
Jean-Henri se leva à poil et ouvrit les volets de sa chambre.
Posté derrière les rideaux, il ne pouvait s’empêcher de consulter sa montre toutes les dix secondes.
Six heures trente. Il vit sortir Luc Mouginot de chez lui.
Jean-Henri eut un sourire de satisfaction.
– Va, mon gars, dit-il à haute voix, t’en as plus pour longtemps.
Il consulta à nouveau, machinalement, sa montre. Il avait largement le temps de préparer son café.


Vingt minutes plus tard, il revint se poster derrière les rideaux de sa chambre.
Maryse Mouginot allait bientôt ouvrir les volets de la villa.
Il fut tenté d’écarter légèrement le rideau pour mieux l’apercevoir quand le premier volet – celui de la chambre du couple Mouginot – fut rabattu.
Maryse Mouginot ouvrait toujours sa maison en chemise de nuit. Une nuisette vaporeuse qui laissait entrevoir le haut de sa poitrine opulente et découvrait totalement ses cuisses. Mais, là, pour en jouir pleinement, il fallait que Jean-Henri attende qu’elle apparaisse sur le perron et rabatte les volets à trois battants de la porte-fenêtre.
Il était tout excité quand elle apparut enfin. Maudissant ce foutu voilage qui lui gâchait le spectacle.
« Toi, tu vas être veuve, ma cocotte », se dit-il en portant à deux mains le bol de café à ses lèvres.
Jean-Henri avait toujours eu envie de sauter Maryse Mouginot. Mais c’était une aguicheuse, pas une volage.
Il se sentit encore plus excité en se prenant à rêver que, peut-être – et même sûrement, pourquoi pas ? –, il aurait ses chances quand elle se retrouverait veuve.
Il pensa que ce serait la cerise sur le gâteau. Le parachèvement absolu de sa vengeance. Baiser la femme de son pire ennemi après l’avoir fait mourir.
Jean-Henri n’en pouvait plus. Prenant son bol vide dans la main droite, il entreprit de se masturber sur-le-champ, debout derrière les rideaux, en fermant les yeux sur l’image de Maryse à poil. De l’autre main, car il était gaucher.



Comme tous les matins, Jean-Henri Loubert retourna se coucher jusqu’à neuf heures. Mais, cette fois-ci, rien ne pressait réellement. Tout serait bientôt conclu.
On l’avait pris pour un con. On s’était moqué de lui. On l’avait trompé. Trahi. Eh bien, ils allaient voir !
Il songea à sa « pauvre » femme qui avait préféré rester vivre à Paris avec son boulot à la con et pour être près des enfants. Refusant de le suivre sous prétexte de ne pas lâcher la proie pour l’ombre. Mais, à cinquante-trois ans, il était peut-être temps de quitter Paris et de profiter de la vraie vie jusqu’à la retraite avec un boulot sympa.
Jean-Henri avait été certain de prendre la bonne décision. Avec les indemnités de son licenciement économique, et l’héritage de son père qui était tombé à point nommé le mois suivant, c’était le moment ou jamais de changer de vie.
Ni frère ni sœur, la villa était pour lui seul ainsi que les cent vingt mille euros que le père avait sur ses comptes.
Il avait un toit, de quoi voir venir avec ses indemnités et il pouvait investir les cent vingt mille dans un café-restaurant. Son rêve de toujours. Mais ici, à Saint-Michel-Chef-Chef. Pas ailleurs.


C’était cet enfoiré de Luc qui lui avait refilé ce virus. Son meilleur pote d’enfance. Enfin, un de ses multiples potes.
Lui, le Luc, il n’avait pas eu à se décarcasser dans la vie. Il avait fait le barman dans l’affaire de ses parents dès la fin de la scolarité obligatoire et s’était contenté de prendre leur succession quand ces derniers avaient pris leur retraite.
Un boulot peinard. Trois mois de saison à bosser et à faire son beurre. Le reste de l’année à se laisser vivre avec l’habitué local et le représentant de passage. De quoi laisser du temps pour la pêche et la chasse.
L’été précédent, alors que Jean-Henri était encore salarié, Luc lui avait laissé entendre qu’il avait envie de passer la main. Il n’attendait que la première occasion et l’acheteur.
– Si c’était moi, tu me ferais un prix ? il lui avait demandé.
– Un prix, je ne sais pas. Le prix, c’est le prix, avait dit Luc. Mais, si c’était toi, je te ferais des facilités. T’es mon pote, Jeanri, c’est la moindre des choses.
Pour Luc Mouginot, tous ses clients réguliers étaient des potes. Et ses potes avaient toujours été, en quelque sorte, ses clients. Commerce de bibine oblige.
[…]


© Alain Pecunia, 2007.
Tous droits réservés.

mardi 12 juin 2007

Louise et les autres, la suite Flash noir par Alain Pecunia

Après Jeux d'enfants et Louise, La Fatwa, Le Prix du meilleur scénario et Fin de race seront bientôt disponibles en e-books téléchargeables sur lulu.com.
Avec deux autres textes à venir ultérieurement, ils constituent la suite "Flash noir", tous plus déconcertants les uns que les autres. Le premier chapitre ou un extrait figure sur mon blog mais le résumé (la "4e" de couverture) n'y figurait pas encore. Alors, si cela peut vous en donner le goût, le voici.

Dans Jeux d'enfants, je me suis attaché à la destinée du petit Philippe Borjol, "Machiavel" du crime en herbe. Son seul but est de vivre avec celui qu'il croit être son "vrai" père et il saura atteindre son objectif en éliminant les obstacles majeurs se dressant sur son chemin. Mais sa "soeur" perturbe sa puberté et son "père" le blesse dans son idéal familial. Alors le petit Borjol au visage d'ange reprendra sa quête à sa façon toute simple que certains pourraient juger gore. Mais est-il un monstre pour autant et aura-t-il droit à sa rédemption ?

Louise est née "grâce" à une amie qui a vu son studio parisien squatté alors qu'elle était en vacances. Et cela dure depuis près de trois ans. Evidemment, ce n'était qu'un point de départ et, s'il est question de squat dans mon récit, le scénario est bien plus complexe avec mon personnage de Serge Fabrique, chroniqueur théâtral renommé, amateur de jolies femmes et farouchement réfractaire à toute union durable. D'ailleurs, il a une méthode infaillible pour se débarrasser de ses partenaires en évitant tout drame. Mais, contre toute attente, sa méthode se révèle inopérante avec sa dernière conquête, la ravissante Louise, anthropologue américaine en poste à l'Unesco.
La rupture sera accidentellement brutale et Serge se réfugie quelque temps chez sa tante, son initiatrice amoureuse. Hélas ! quand il réintégrera ses pénates, il trouvera son appartement occupé par de sympathiques squatters et aucune trace du corps de Louise. Ce qui ne correspond pas du tout à son scénario.
Si l'on ajoute que Louise n'est pas celle qu'il croyait et que lorsque son cadavre réapparaît ce n'est pas le sien...
La Fatwa, quant à elle, a pour cadre Saint-Michel-Chef-Chef, paisible commune du littoral de la Côte de Jade, renommée pour ses galettes et qui me tient à coeur - j'y ai passé une grande partie de mes vacances durant une vingtaine d'années et j'y compte toujours des amis chers - et à corps, si je puis dire, puisque c'est là que, dans la nuit du 4 au 5 août 1966, les services français et espagnols (franquistes alors), réunis dans une glorieuse action combinée, parvinrent à m'intercepter et à me rendre paraplégique (mais, puisque je fus laissé pour mort, je ne pense pas que ce fusse leur objectif, de toute façon nous y reviendrons...)
Bref, dans cette paisible commune de Loire-Atlantique, avenue des Coquelicots-d'Argent, Jean-Henri Loubert, dit Jeanri, guette derrière ses rideaux le départ matinal de Luc Mouginot pour son travail. Pour la dernière fois, car Jeanri a décidé que cet ami d'enfance qui l'a trahi devait mourir.
Grâce à ses dons de télépathe, la "fatwa" que Jeanri a lancée sur Mouginot devrait le terrasser. Mais, si les morts se succèdent dans le voisinage, Luc Mouginot, quant à lui, est toujours bien vivant. Jeanri en est donc désespéré. Il n'est pas un criminel et n'a jamais souhaité la mort d'innocents et encore moins celle de...
Il décide alors de "réparer" de toute urgence la "fatwa" déréglée et de reprendre ses dons en main. Mais... et mais...
Avec Le Prix du meilleur scénario, nous rejoignons la Normandie, précisément le département de l'Eure, celui du "bonheur"...
Fabien Duguenot, scénariste de renom, y vit retiré en compagnie de Carole, sa séduisante épouse. Fabien peine sur l'écriture de son dernier scénar mais parvient finalement à le boucler à sa grande satisfaction car il est positivement gé-nial.
Une tragédie survient alors dans le voisinage.
La réalité révélant une étrange parenté avec son scénario, Fabien Duguenot se voit contraint de le modifier. Mais les événements nne cessent de s'entremêler à la fiction et le scénario se détraque ainsi que la réalité.
Et, comme souvent dans mes romans noirs, les "services" ne sont jamais loin...
Changement de registre avec Fin de race puisque nous naviguons entre la Sologne et Paris VIIe.
Grâce à la mort de son père, Hector-Louis, psychiatre-psychanalyste de profession, hérite du titre de baron. Célibataire endurci, il se doit malgré tout à présent d'envisager de convoler en justes noces aristocratiques pour assurer sa descendance. Tâche ardue que sa mère décide d'assumer à sa façon car elle a toujours veillé avec un soin jaloux au bonheur de son fils, le seul amour qui ait illuminé sa vie (mais peut-être en avez-vous des exemples autour de vous ?). Transformant un banal acte biologique en chemin de croix pour Hector-Louis qui prendra conscience d'avoir tout raté, même son suicide.
Outre sa mère possessive, une soeur déjantée et un demi-frère ex-taulard se pressent aux pieds de son fauteuil roulant en une conjuration maléfique.
Le titre de baron de Dugon de Milain de la Rochepic de Croisieu doit se transmettre coûte que coûte. Noblesse oblige...
(Ici, pas de "services", la famille suffit largement.)

mardi 5 juin 2007

Noir Express : "Louise" par Alain Pecunia

Louise est à présent disponible en téléchargement gratuit sur Feedbooks : http://fr.feedbooks.com

mardi 29 mai 2007

Voilà !

J'ai franchi le pas en ouvrant ma vitrine sur le monde.
Après avoir publié Les Ombres Ardentes - un Français de 17 ans dans les prisons franquistes (2004), mes deux premiers romans noirs appartenant au cycle des "Chroniques croisées" : Un vague arrière-goût, Le Sanglot de Satan (2005 et 2006) et un roman sur fond de résistance (Le Dernier Maquisard, 2006), tous les quatre aux éditions Cheminements, et avant d'autres publications traditionnelles, je vais mettre en téléchargement sur lulu.com certains de mes récits noirs qui sont de la même veine que ceux des "Chroniques croisées" et que j'ai regroupé sous l'intitulé "Pages Noires".
Le premier d'entre eux, Jeux d'enfants, sera disponible dans les jours à venir et fera l'objet du deuxième message.