mercredi 15 juin 2011

Noir Express : "Le Dernier Maquisard" en téléchargement gratuit sur Feedbooks

Août 44 – août 2004. Une paisible sous-préfecture des bords de Loire.

Gilles et Georges, les deux derniers survivants du maquis « Marceau », se retrouvent lors des commémorations du 60e anniversaire de la Libération.

Le plus jeune, Gilles, est hanté par le souvenir d'un Feldwebel isolé qu'il a abattu à bout portant et qu'il a regardé mourir. Georges, l’ancien responsable du maquis, a également son obsession : le maquis aurait été trahi, ce qui expliquerait la mystérieuse contre-attaque allemande après la libération provisoire de la ville le 15 août 1944.

Sans le savoir, en évoquant leurs souvenirs ils vont ouvrir la boîte de Pandore. Parviendront-ils à la refermer ?

« Un roman singulier empreint d’une profonde humanité. »

samedi 14 mai 2011

Noir Express : "Mathilde" sur Feedbooks en téléchargement gratuit

Il y avait longtemps, mais je vais essayer de vous séduire avec un roman "classique" au long cours que vous pouvez télécharger gratuitement sur Feedbooks.

Toutefois, je suis incapable de vous résumer ou même de vous présenter Mathilde.

C’est avant tout le destin d’une aristocrate et tout à la fois celui de ses domestiques, d’aristocrates parisiens, de bourgeois provinciaux, d’affairistes, démigrés russes, de révolutionnaires et de partisans de l’Action française, d’ouvriers et de paysans berrichons du fascisme, de la IIIe République, de la guerre du Rif et de celle d’Espagne… bref, d’une époque allant de la Première à la Seconde Guerre mondiale, avec clairvoyance pour les uns ou aveuglement pour les autres – selon le point de vue du lecteur…

Mais, avec ces deux premières livraisons de Mathilde I et II, nous n’en sommes qu’aux années 1915 à 1921 ! D’autres sont donc à venir (et d’abord à écrire…), à la condition que l’histoire vous séduise.

vendredi 26 novembre 2010

Noir Express : "Le Sanglot de Satan" par Alain Pecunia en téléchargement gratuit sur Feedbooks

Caorches-Saint-Nicolas, paisible commune de Normandie. Le fils Berton revient de son exil vénézuélien pour « toucher » son héritage. Douze ans après un meurtre resté impuni et deux ans après la prescription légale. Un type prudent qui n’a plus rien à craindre. Mais les gendarmes lui pourrissent la vie et le père de la victime, un Sicilien au sens de l’honneur primitif, attend son heure sans aucun sens de la légalité.
La justice passera, sanguinolente et macabre.

Ce récit a été publié en 2006 par les éditions Cheminements.
Ceux (et ils sont nombreux) qui ont téléchargé Un été pourri retrouveront ici la campagne de Bernay (Eure).
Certains lecteurs pourraient s’étonner de la liberté prise par l’auteur d’introduire des personnages mafieux en un tel lieu. En fait, il y a de cela quelques années, il y eut bel et bien une tentative d’implantation du milieu varois dans la ville.

mardi 9 novembre 2010

Noir Express : "Les Ombres ardentes" deviennent "Sombra y sol" sur Feedbooks

Sombra y sol
Je propose en téléchargement, sous son titre originel, cette autobiographie éditée en 2004 par les éditions Cheminements sous le titre Les Ombres ardentes – Un Français de 17 ans dans les prisons franquistes. C’est le récit d’un engagement libertaire couvrant les années 1962-1966 pour une Espagne libérée du franquisme, prétexte à faire revivre la vie au quotidien et à retracer les luttes des 250 détenus politiques dont j’ai partagé le sort à la prison provinciale de Madrid, Carabanchel Alto.



Propongo, con su título inicial, esa autobiografía cuya versión francesa la editó, en el año 2004, la editorial Cheminements bajo el título Les Ombres ardentes – Un Français de 17 ans dans les prisons franquistes.
Aquel relato de una militancia libertaria durante los años 1962-1966 a favor de una España liberada del franquismo es un pretexto para relatar la vida diaria y las luchas de los 250 detenidos políticos de los cuales compartió el destino en la prisión provincial de Madrid, Caramanchel Alto.
Este relato evoca también el “complot” Muñoz Grandes.

mercredi 27 octobre 2010

Noir Express : "Une putain d'histoire" (C. C. XVI) par Alain Pecunia, Chapitre 36

Chapitre 36





Le commissaire principal Bellou, de la direction régionale des Renseignements généraux des Pays de la Loire, ne fut jamais nommé divisionnaire.
Il ne put expliquer la présence du corps déchiqueté de son fils dans sa propre cave. Mais il était évident qu’il n’avait pas pu le bouffer lui-même.
Le cadavre avait dû être transporté là par des individus qui ne furent jamais identifiés. Pour une raison quelconque, ils en voulaient au commissaire en particulier et à la police en général.
Probablement les complices du fils Bellou lors du meurtre de sa grand-mère.
Une vengeance sordide. Sûrement que Jacques-Henri Bellou ne les avait pas dédommagés comme promis de leur aide.
Mais les prélèvements d’ADN ne révélèrent que la présence du fils Bellou sur les lieux du crime.
Le commisaire René Bellou s’abstint de mentionner l’existence de ses filles.
La hiérarchie lui conseilla fermement de se faire hospitaliser en maison de repos après qu’il eut tenté d’étrangler le capitaine Breton dans son bureau.
Par égard aux épreuves successives subies ces derniers temps par le commissaire Bellou, on conseilla également fermement au capitaine de ne pas porter plainte.
– Mais il est devenu complètement dingue ! protesta en vain Breton. Je venais juste de lui dire que c’était pas de bol pour sa nomination et il m’a sauté dessus comme un forcené. J’aurais été attaqué par un doberman que ça aurait pas été pire !



« Le sanglot de Satan dans l’ombre continue. »
Hugo, Victor.



© Alain Pecunia, 2010.
Tous droits réservés.

mardi 26 octobre 2010

Noir Express : "Une putain d'histoire" (C. C. XVI) par Alain Pecunia, Chapitre 35

Chapitre 35





Quand Bellou se réveilla au petit matin, il était seul. Ses deux filles avaient disparu.
Une bille de flipper infernal ne cessait de rebondir d’une bande à l’autre à l’intérieur de sa boîte crânienne. Il frissonna au souvenir de ses filles qui avaient « joué » leur tour toute une partie de la nuit. Mais le flipper était out, ses deux vitres brisées.
Il repleura longuement, recroquevillé sur lui-même, et se sentit sali. Meurtri.
Il finit par se lever et marcha vers l’escalier en tenant ses mains en conque sur ses attributs douloureux.
La porte ouverte de la cave attira son attention.
Il trottina jusqu’à celle-ci et se pencha machinalement sur l’escalier.
Lorsqu’il vit le corps de son fils au bas-ventre déchiqueté, il se mit à haleter, cherchant vainement de l’air, et s’écroula à genoux en gémissant, se tenant la tête à deux mains.


© Alain Pecunia, 2010.
Tous droits réservés.

Noir Express : "Une putain d'histoire" (C. C. XVI) par Alain Pecunia, Chapitre 34

Chapitre 34





Le commissaire René Bellou arriva vers quatorze heures à la direction régionale des Renseignements généraux.
Une bonne nouvelle l’y attendait. Sa nomination comme divisionnaire n’était plus qu’une question de jours. Une quinzaine, tout au plus.
Ragaillardi, le commissaire régla d’une main de maître les affaires pendantes du service qui s’étaient accumulées pendant ses dernières absences.
Il prit même un whisky en fin d’après-midi avec ses collaborateurs les plus proches.
Mais il fallut que le capitaine Breton lui gâche ce moment de détente en lui rappelant qu’il ne fallait « pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuer ».
Il le fusilla du regard. Celui-là, il le ferait muter quand il serait divisionnaire. Il voulait lui porter la poisse, ou quoi !
René Bellou quitta Nantes d’humeur morose. À cause de ce petit con de Breton, bien sûr, mais surtout de ses enfoirés de mômes qui risquaient de tout faire foirer s’il ne leur mettait pas la main dessus dans les quinze jours.
Il poursuivit la route jusqu’à Pornic en se demandant quel petit truand de ses connaissances pourrait lui rendre le service de l’en débarrasser en échange de sa mansuétude.
C’était le seul plan qui vaille.
En tuant lui-même ses mômes, surtout trois, il prendrait trop de risques. Tandis qu’un truand, une fois qu’on n’a plus besoin de lui, une bavure suffit.
Oui, c’était ça la solution, et ce serait bien le diable, pensa-t-il, en ouvrant la porte d’entrée de sa villa, s’il n’en dénichait pas un dans les quarante-huit heures.
En fin de compte, c’était une connerie de monter à Deauville. Qu’est-ce qu’il aurait fait là-bas sans main-d’œuvre à disposition ?
Le « Bonsoir, papa » jeté par deux voix enfantines quand il alluma le salon lui glaça instantanément les sangs et l’esprit – ce qui était nettement de loin le plus ennuyeux, surtout en ces circonstances.
Il n’eut pas de mal à mettre un nom sur ses deux filles qui se tenaient à poil au milieu du salon. Il y avait une plus grande et une plus petite. Mais la plus grande était la plus jeune et vice versa. Bref, Zoé et Chloé. Tout le portrait de leur mère. Belles à damner un saint et une putain d’âme noire. Aussi noir que le doberman vautré aux pieds de Zoé et indifférent à l’intrus.
Deux baffes et il allait les rhabiller, sauf que Chloé tenait son Remington à bout de bras pointé sur lui.
Quant à Zoé et Chloé, elles étaient déçues de découvrir un petit être rondouillard et chauve paraissant la soixantaine.
– À poil, papa chéri ! lui ordonna Chloé en agitant l’arme.
Dans la police, on vous apprend toujours qu’il ne faut pas faire le mariole avec un dingue. Alors deux !
Fallait procéder avec doigté et psychologie. Rentrer dans le jeu du déjanté.
Mal à l’aise, le commissaire René Bellou entreprit de se déshabiller devant ses filles en s’efforçant de penser que, de toute façon, c’étaient deux putes, elles avaient sûrement raison sur ce point, et qu’il n’avait qu’à imaginer qu’il était invité à une partouze.
Ses filles sourirent quand il dévoila sa nudité. Le corps velu jusqu’aux doigts de pied, les couilles pendantes et la bistouquette toute riquiqui.
– Et maintenant ? fit Bellou en tentant de rentrer le ventre et prenant un ton faussement dégagé.
– On va te montrer comment nous avons été élevées par notre papa Terrassou, dit Chloé avec un regard triste.
Le commissaire Bellou se sentit la bouche sèche.
– Allonge-toi, lui ordonna sèchement sa fille en dirigeant le canon du fusil vers le tapis.
Le chien leva vers l’homme un regard morne quand il s’allongea sur le sol. Bellou se surprit à avoir une pensée stupide. « Bouffe trop, ce chien. »
Le commissaire René Bellou eut beaucoup de mal à jouir la première fois.
Quand Chloé passa le fusil à sa sœur et s’approcha de lui lascivement, il se mit à pleurer et implorer comme une femme violée.
– C’est rien, mon petit papa. Toi, ça ne va durer qu’une nuit, tandis que nous ça a duré des années…


© Alain Pecunia, 2010.
Tous droits réservés.

lundi 25 octobre 2010

Noir Express : "Une putain d'histoire" (C. C. XVI) par Alain Pecunia, Chapitre 33

Chapitre 33





Jacques-Henri arriva le mercredi midi à Pornic après avoir galéré en stop.
Il avait estimé qu’il était plus prudent pour lui de ne pas aller traîner pour l’instant à Pornichet et avait préféré passer l’estuaire. Que le mieux était de prendre la villa de son père comme base arrière. Et puis, il avait besoin de fric, donc de taper le vieux.
Il fut contrarié en découvrant les volets fermés de la villa. Son père avait peut-être pris des vacances.
Mais il n’y avait pas de raison qu’il aille à l’hôtel pour autant. Cette maison était aussi la sienne.
En faisant un léger détour, il connaissait un petit chemin qui lui permettrait d’arriver sur l’arrière de la maison sans être aperçu des voisins.
Il avait faim et se réjouissait à l’idée d’y trouver de quoi se nourrir vu que le congélo de son père était toujours bourré de plats cuisinés pour célibataire.
Il stoppa net en apercevant le volet fracturé d’une des fenêtres de l’arrière, celle de gauche donnant sur l’arrière-cuisine. La vitre en était absente, mais il n’y avait pas d’éclats de verre dans la plate-bande de bégonias au pied du mur.
Sur ses gardes, il se dirigea vers la porte donnant accès par l’arrière de la villa. Celle-ci était fermée à clé.
Il imagina un instant des voleurs ou des squatters. Mais il ne percevait aucun bruit dans la maison.
Jacques-Henri retourna vers le fond du jardin et déterra au pied d’un des poteaux de ciment de la clôture une reproduction de la clé de la porte d’entrée de la villa qu’il avait pris la précaution de faire faire lors de son dernier passage. Au cas où. Puis il se munit d’une branche qui avait dû tomber lors de la dernière tempête et revint silencieusement vers la villa.
Il ouvrit la porte et attendit un moment avant de pénétrer dans la pénombre du couloir.
Il avançait à pas de loup, méthode commando, plaqué contre le mur en tenant la branche à deux mains à hauteur de son ventre. Progressant lentement en maîtrisant sa respiration, il parvint dans le vaste vestibule qu’il traversa pour se poster au pied de l’escalier, l’oreille aux aguets. Mais aucun froissement ou craquement ne provenait de l’étage.
Il retourna contre le mur et progressa jusqu’à l’entrée du salon. Il y pénétra d’un bond souple et resta les jambes fléchies. Son regard circulaire ne percevant rien d’anormal dans la semi-obscurité de la pièce, il se décida à allumer la lumière.
Tout était en ordre. Il se détendit et respira profondément. Puis il perçut un faible bruit provenant de la cuisine, comme le raclement d’un pied de chaise.
Il fit volte-face en serrant à deux mains sa branche et marcha lentement vers la cuisine en allumant le vestibule au passage.
Une petite voix intérieure lui murmurait : « Fous le camp ! » Il lui répondit qu’il n’allait pas se laisser intimider par un petit voleur de poule ou un SDF. Au contraire, il allait lui foutre une bonne dérouillée.
– Hé ! le clodo, cria-t-il en affermissant sa voix et en gonflant les muscles, sors de là que je te règle ton compte.
Campé à trois mètres de la porte de la cuisine plongée dans l’obscurité, jambes fléchies, branche tenue fermement à deux mains à hauteur du ventre, il entendit comme un froissement et vit surgir son clodo – Titus.
Qui se mit en position d’attaque, bavant et grognant.
Jacques-Henri recula instinctivement d’un pas. Se retenant de détaler. Mais il savait pertinemment que c’était la dernière chose à faire.
– Calme, mon chien, dit-il sottement à voix basse au fauve à l’échine hérissée.
Titus avança d’un pas en grognant et bavant de plus belle.
Jacques-Henri avait les méninges en stand-by et n’avait pas encore fait la liaison entre le doberman et les filles. Il devait bien y avoir quelqu’un avec le chien, bien sûr. Un clebs ça ne fracture pas un volet. Enfin, pas encore.
« C’est un chien de drogué », se dit-il avant que ses warnings ne se mettent à clignoter.
– Les salopes ! dit-il en reculant encore d’un pas.
Il regarda autour de lui.
Chloé se tenait sur le seuil du salon, le fusil Remington à répétition de son père à la main.
Zoé apparut à la porte de la cuisine avec un couteau à découper.
Les warnings de Jacques-Henri s’affolèrent.
– Écoutez, les filles, on pourrait peut-être discuter, dit-il d’une voix incertaine.
Zoé arma le fusil à pompe.
– Pas de discussion, frérot, direction la cave, fit-elle en indiquant du canon la direction à suivre.
« Gagner du temps », lui dicta son cerveau à la recherche d’une solution.
D’abord faire preuve de bonne volonté. Amadouer.
– Tenez, les filles, je pose ma branche et vous mettez votre monstre en laisse.
– Pédé, va ! lui cracha Zoé qui s’était avancée jusqu’à la hauteur de Titus et lui flattait l’encolure. Répète un peu que mon Titus est un monstre, si t’es un homme !
Chloé voyait où Jacques-Henri voulait en venir. Faire diversion en rendant Zoé incontrôlable.
– Du calme, ma chérie, dit Chloé. On procède comme on a dit. Et toi, Tarzan, tu peux te la garder, ta branche. On en a rien à cirer.
Et elle indiqua de nouveau la direction de la cave du bout du fusil.
Jacques-Henri alluma l’interrupteur de la cave sur l’ordre de Chloé et descendit docilement en songeant à la pelle qui se trouvait toujours au pied de l’escalier contre le mur.
Les filles ne pouvaient descendre l’escalier qu’une à une, pensa-t-il. Mais ce fut Titus qui descendit.
Son geste était suspendu. Il allait lâcher sa branche et se saisir de la pelle pour se débarrasser du fauve.
C’est ce qu’il fallait faire. D’abord mettre la bestiole hors d’état de nuire. Après, il avait une chance. Chloé était folledingue mais elle n’oserait pas l’abattre. Son fun à elle, c’était de voir mourir les autres, pas de tuer.
D’ailleurs elles ne descendaient pas et restaient l’une derrière l’autre à mi-hauteur de l’escalier, Zoé devant.
« Une chance de plus pour moi », pensa-t-il.
Titus avait pressenti le geste de l’homme qui bandait ses muscles et fléchissait les jambes.
Une dernière fois, le regard de l’homme croisa le regard du chien avant d’agir. Commettant l’erreur de le fixer un quart de seconde de trop.
Pour Titus, c’était le signal de l’attaque.
Il crocha les couilles alors que Jacques-Henri lâchait sa branche pour se saisir de la pelle.
Jacques-Henri poussa un hurlement à lui arracher la gorge et porta ses mains au cou de Titus qui se débattait pour arracher le morceau de barbaque à travers l’étoffe.
Mais il n’y parvint que lorsque Jacques-Henri s’écroula terrassé de douleur.
Chloé et Zoé le regardèrent se tordre tel un ver bruyant et se vider de son sang tandis que Titus se délectait de sa prise avec des petits grognements de chiot satisfait.
Il n’avait pas mangé, lui non plus, depuis son départ de Deauville.
– Et de un ! fit Chloé quand leur frère expira.
– Brave Titus, conclut Zoé en embrassant son trésor de chien sur sa truffe humide de sang.


© Alain Pecunia, 2010.
Tous droits réservés.